Communiqué

Rapport : l’industrie minière canadienne menace des vies et la démocratie dans les Amériques

Source: 
Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles (CSILC) – Mines Alerte Canada

(Ottawa) Aujourd’hui, Mines Alerte Canada et la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles (CSILC) ont publié un rapport qui relie directement les intérêts miniers canadiens dans les Amériques à l’intensification de la répression et de la violence faite aux communautés affectées par les mines.

Dans l’intérêt national? Criminalisation des défenseurs des terres et de l’environnement dans les Amériques rassemble des données issues de cinq pays et illustre comment le gouvernement canadien, et les sociétés minières canadiennes, ont contribué à retourner la loi contre les individus et les groupes qui défendent leur eau, leurs terres, leurs moyens de subsistance et leurs modes de vie.

« Loin de veiller à ce que les communautés affectées par les mines puissent se prévaloir de la gamme complète de protection en vertu de la loi, les gouvernements, y compris le gouvernement canadien, ont déformé la loi de sorte à protéger et à promouvoir les intérêts miniers en ciblant les militants et les défenseurs communautaires » a remarqué Jen Moore, coordonnatrice de programme pour l’Amérique latine chez Mines Alerte Canada.

Ceci s’est transformé en une guerre à faible intensité contre les communautés et les organisations qui défendent la justice environnementale en Amérique latine. Ils sont souvent démonisés comme des terroristes ou des ennemis de l’état, accablés de fausses accusations et traînés dans des procédures juridiques épuisantes. Ils sont confrontés à de plus grands risques d’emprisonnement aboutissant trop souvent à des menaces de mort, la militarisation de leurs collectivités ou des assassinats » a-t-elle ajouté.

Le rapport fait valoir que le modèle d’extraction de minéraux industriels que le Canada favorise à l’étranger porte la marque de la déréglementation du secteur de l’extraction domestique et d’un passé et présent colonialiste qui, avec une ferveur renouvelée au cours des dernières années, considèrent quiconque élève la voix comme  une menace à l’intérêt national et donc une cible pour les agences d’espionnage, les vérifications fiscales, les compressions financières et le maintien de l’ordre gratuit.

« Ceci n’est nulle part plus explicite qu’avec l’adoption de la loi anti-terroriste 2015, qui donne des pouvoirs accrus aux services de renseignements canadiens et qui redéfinit la sécurité pour y intégrer la prévention des interférences avec quoi que ce soit ayant trait à la stabilité économique ou financière du Canada, envoyant un signal on ne peut plus clair aux peuples autochtones et aux groupes environnementaux qui défendent la terre et l’environnement » a déclaré Roch Tassé, ancien coordonnateur national de la CSILC.

Le rapport conclut que ce sont des questions de profond intérêt public qui menacent notre bien-être collectif qui sont en jeu et que cela exige qu’on en débatte largement et qu’on agisse de toute urgence. Il y est proposé que des mesures soient prises pour protéger les défenseurs des terres et de l’environnement et pour favoriser le débat afin de reconsidérer le modèle de développement destructeur dont le gouvernement canadien et les sociétés minières canadiennes font obstinément la promotion au pays, comme à l’étranger.

Le résumé du rapport est disponible en francais et en anglais. La version longue du rapport est disponible uniquement en anglais. Les auteurs sollicitent de commentaires sur le rapport, de contributions à des recherches ultérieures et d’occasions visant à organiser des réunions pour discuter de son contenu et de ses recommandations.

Renseignements :

  • Jen Moore, coordonnatrice de programme pour l’Amérique latine, Mines Alerte Canada, (613) 569-3439, jen(at)miningwatch.ca
  • Monia Mazigh, coordonnatrice nationale, Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, (613) 241-5298, national.coordination(at)iclmg.ca