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Communiqué

Appuyez les Mohawks de Kanesatake — Arrêtez Niocan

ACTION URGENTE

Le 6 mars, 2002

Le 14 février dernier, le Conseil Mohawk de Kanesatake a adopté une résolution visant à protéger son territoire traditionnel contre un projet de développement d'une mine de niobium qui aura des effets néfastes sur les cours d'eau et les terres. Le Conseil exige que le projet Niocan fasse l'objet d'une étude environnementale détaillée de la part de Québec et du gouvernement fédéral, préférablement de manière conjointe.

Les requêtes adressées au gouvernement du Québec et au fédéral stipulent que « le Conseil Mohawk prendra tous les moyens à sa disposition pour continuer de s'opposer à ce projet ».

Le projet minier mis de l'avant par Niocan consiste en une mine souterrainne de niobium située près d'Oka, Québec, à proximité d'une ancienne mine de columbium qui avait été exploitée par la compagnie St-Lawrence Columbium. La mine a été exemptée d'une étude environnementale sous le BAPE, parce que que le niveau anticipé de production se situe en dessous des niveaux requis pour qu'une telle étude soit obligatoire. Cependant, un tollé général prend de l'ampleur au fur et à mesure que la communauté prend connaissance de nouvelles informations.

La mine affectera plus de 25 kilomètres carrés de terres situées dans une zone agricole dynamique qui écoule ses produits directement sur le marché montréalais. La zone inclue le territoire traditionnel des Mohawks de Kanesatake.

Le minerai que Niocan entend extraire contient des concentrations élevées d'isotopes de radium et de polonium. Ces derniers, ainsi que d'autres matières radioactives (comprenant le radium 226, le plomb 210 et le thorium 230) seront présents dans la quantité élevée de déchets radioactifs produits par l'exploitation de la mine sous forme de stériles et de résidus miniers. On envisage également utiliser les eaux provenant du traitement à des fins d'irrigation des fermes. L'étude d'impact environnemental réalisée pour le compte de Niocan n'incluait aucune expertise en radioactivité, et la compagnie ne possède aucun plan de gestion pour contrecarrer ces effets radioactifs.

L'intérêt de la population locale envers ce dossier ne cesse de croître. D'abord, lors d'un référendum organisé par la paroisse d'Oka, plus de 60% de la population a manifesté son opposition envers la mine. Ensuite, la municipalité a embauché son propre expert-conseil, Donat Bilodeau, qui a dévoilé que l'effet de la mine sur les aquifères serait plus dramatique que ce dont Niocan avaient prédit. Puis le Conseil Mohawk de Kanesatake est entré dans la mêlée, embauchant ses propres avocats et experts-conseil, et s'oppose maintenant au projet en faisant appel devant les tribunaux de la décision de la Commission pour la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) de permettre l'ouverture de la mine.

Le niveau de préoccupation de la population envers la mine est maintenant tel qu'il justifie une étude environnementale en profondeur en vertue de la Loi du Québec. La participation du fédéral, quant à elle, s'avère nécessaire à cause des préoccupations radiologiques, des droits autochtones et des questions de responsabilité fiducière, ainsi que de l'emplacement de la mine à proximité d'une rivière d'importance.

S'appuiyant sur les résultats du rapport détaillé qui lui a été soumis par ses experts-conseil, le Conseil Mohawk, dans ses résolutions exigeant une enquête, soulève les points suivants :

  1. Niocan entend construire et exploiter une mine sur des terres situées à l'intérieur de la vieille Seigneurie du Lac des Deux Montagnes, terres sur lesquelles les Mohawks ont des droits en vertue de traités autochtones. Ils sont présentement en négociation avec la Couronne concernant leurs revendications de ces terres;
  2. Les Mohawks de Kanesatake sont absolument opposés à la mine;
  3. Les effets nocifs de la mine n'ont pas étés évalués convenablement par la compagnie et, de fait, plusieurs des effets nuisibles ont été ignorés par celle-ci.
  4. La mine va diminuer et abaisser la nappe d'eau souterraine, ce qui va occasionner une plus grande compétition pour l'eau de la région entre les impératifs agricoles et la mine. Ceci aura un impact négatif sur les réserves d'eau, tant de surface que souterrainnes, et affectera la faune, la flore et le potentiel agricole de la région.
  5. Le minerai que Niocan entend extraire est radioactif, contenant des niveaux élevés d'uranium et de thorium, ainsi que 36 différents sous-produits radioactifs.
  6. Le traitement minier va remuer la masse de minerai et laisser échapper dans l'air et dans l'eau de l'uranium, du polonium, du thorium et leurs sous-produits, en plus de dégager des gaz de radon. La plupart des effets radioactifs ne sont même pas mentionnés dans l'étude environnementale réalisée par Niocan.
  7. Niocan propose que les résidus miniers de son projet (y inclus les stériles) soient enfouis dans ses deux puits ainsi que dans les puits de l'ancienne mine de St-Lawrence Columbium. Les deux immenses puits provenant des opérations de St-Lawrence Columbium ressemblent à de gigantesques réservoirs souterrains d'eau. Donc, à long terme, les eaux tant souterrainnes que de surface viendront en contact direct avec ces résidus radioactifs.
  8. Alors que Niocan prétend que les stériles et autres matières dangeureuses de l'ancienne mine de St-Lawrence Columbium seront enfouis dans les puits souterrains, les experts embauchés par les Mohawks ont déterminé que cela est faux puisque, bien qu'il y aura suffisamment d'espace pour enfouir les stériles, la presque totalité des résidus radioactifs sablonneux resteront empilés sur le site et les 6.5 millions de tonnes de résidus miniers et de roche stérile viendront s'ajouter a ceux de l'ancienne mine.
  9. La construction et l'exploitation de la mine Niocan à Oka est tout à fait incompatible avec la viabilité agricole des terres de la région.

Pour en connaître davantage à propos de cette mine, consultez le site Web Mohawk à l'adresse suivante : www.kanesatake.com/niocanposition.

En octobre 2000, en réponse à un affichage sur le site Web de Mines Alerte Canada au sujet du projet, Niocan fit parvenir une lettre dans laquelle la compagnie affirmait, entre autres, que :

  • La mine sera exclusivement souterrainne et donc il n'y aura pas de roche stérile empilée
  • « Les résidus miniers provenant de l'exploitation de Niocan sont conformes aux exigences du BNQ en ce qui a trait aux modifications apportées au sol et ne sont pas radioactifs »
  • « Les 8 et 9 février (2000) les spécialistes du gouvernment, du ministère de la Santé publique et de la Société de logement du Québec ont clairement indiqué, lors d'une présentation à Oka, que la mine n'avait rien à voir avec la production de gaz de radon »
  • Du 6 millions de dollars de fonds privés investis dans le projet, le gouvernement provincial a fourni un placement en capital de 427,000$.

Mines Alerte Canada est d'avis que le projet doit faire l'objet d'une étude environnementale détaillée effectuée conjointement par les deux paliers de gouvernement. Nous vous invitons à appuyer la population Mohawk de Kanesatake et les autres producteurs agricoles d'Oka en adressant des lettres aux personnes suivantes afin d'exiger la tenue d'une enquête en profondeur :

Hon. David Anderson
Ministre de l'environnement
Gouvernement du Canada
Fax: (819) 997-1441

Hon. André Boisclair
Ministre de l'environnement
ouvernement du Québec
Fax (418) 643-4143

Conseil Mohawk de Kanesatake
681, Rang Ste-Philomène
Territoire Mohawk de Kanesatake (Québec) J0N 1E0
Fax: (450) 479-8373
a/s : Steve Bonspille, Grand Chef par intérim