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Communiqué

Un paradis transformé en désert toxique : Un rapport d’Oxfam démontre le peu de sens de responsabilité sociale d’une société minière canadienne face à un désastre minier sur une île des Philippines

Ottawa, le 15 mars 2005 – « Notre rapport décrit comment Placer Dome Inc., de Vancouver, a construit une exploitation minière de un million de dollars sur la minuscule île philippine de Marinduque pour ensuite l’abandonner, laissant derrière elle un héritage toxique qui, aujourd'hui, menace des vies. Nous voulons que Placer assume ses responsabilités, assainisse ses déchets et verse les sommes qu’elle doit », affirme Ingrid Macdonald, ombudsman d’Oxfam pour les mines.

Durant 16 ans, la mine Marcopper a déversé des déchets toxiques dans une baie peu profonde, l’emplissant de 200 millions de tonnes de résidus. En présence des brises de mer, les résidus sont mis en suspension dans l’air et atterrissent dans les rizières, dans les puits ouverts et sur les maisons des villages. Les gens appellent cela leur « neige du Canada ». Cette « tempête de neige » a obligé 59 enfants à subir une désintoxication traumatisante à Manille, pour un empoisonnement au plomb. Malheureusement, au moins trois enfants ont succombé à un empoisonnement aux métaux lourds. Au cours des 15 dernières années, un barrage s’est effondré et, ensuite, une galerie de drainage de la mine a cédé, entraînant encore d’autres pertes de vie et de moyens de subsistance. Bien que la mine ait fermé en 1996, les structures encore en place sont tellement dégradées qu’elles constituent une menace immédiate pour les collectivités en aval.

Des habitants de Marinduque ont demandé l’aide d’Oxfam, un organisme de développement international et d’aide humanitaire qui exécute des projets aux Philippines. L’ombudsman d’Oxfam Australie pour les mines, qui a enquêté sur cette affaire, publie aujourd'hui son rapport détaillant les répercussions de la mine sur les collectivités et l’environnement de l’île. Le rapport demande à Placer Dome d’achever la décontamination des lieux, de dédommager comme il se doit les collectivités touchées et de prendre des mesures pour empêcher de futurs désastres. Le rapport met à jour des constatations semblables faites en juillet 2004 par le United States Geological Survey.

L’un des principaux problèmes auxquels fait face aujourd'hui l’industrie minière est d’assumer la responsabilité de son héritage. « J’ai vécu avec ces familles de pêcheurs et j’ai été témoin du déversement, 24 heures sur 24, de déchets miniers dans la baie de Calancan. Je les ai vus perdre leur mode de subsistance et leur santé », dit Catherine Coumans, de Mines Alerte Canada. « Comme Canadienne, je n’ai jamais su expliquer comment une grande société minière canadienne pouvait rejeter des déchets toxiques et ensuite se départir de son actif et décliner toute responsabilité. »

« C’est un cas manifeste d’une société canadienne qui exerce ses activités à l’étranger en toute impunité. Au Canada, Placer Dome n’aurait jamais pu agir de la sorte et s’en tirer. Nous devons prendre des mesures pour que les sociétés canadiennes ne puissent faire à l’étranger ce qu’elles ne peuvent plus faire chez elles », dit Ed Broadbent, qui est à rédiger une proposition pour le Sous-comité des droits de la personne et du développement international qui, en bout de ligne, conférerait un caractère international aux dispositions du Code criminel découlant du projet de loi « Westray », adopté l’année dernière par le Parlement.

Placer Dome est la sixième plus grande société d’exploitation aurifère au monde; elle est inscrite à la Bourse de Toronto. L’île Marinduque demeure l’une des provinces les plus pauvres des Philippines.

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L’ombudsman d’Oxfam pour les mines a pour but d’aider les collectivités où les normes en matière de droits de la personne et d’environnement sont compromises par les activités des sociétés minières. Elle cherche aussi à s’assurer que les sociétés minières respectent les droits fondamentaux des collectivités touchées par leurs activités minières.

Pour de plus amples renseignements ou pour fixer une entrevue avec Ingrid Macdonald, Catherine Coumans ou Rieky Stuart, Oxfam Canada, veuillez vous adresser à Deborah Chapman, Oxfam, tél. : (613) 728 1942; courriel : dchapman(at)cyberus.ca

On peut aussi obtenir des images vidéo Betacam, des images fixes et des témoignages personnels.