Communiqué

Des Canadien.nes rejettent les actions de la compagnie minière canadienne Los Andes Copper au Chili et exigent l’action du gouvernement canadien.

Source: 
CDHAL – Common Frontiers – MiningWatch Canada

(Montreal, Ottawa, Toronto) Plus de 150 lettres ont été envoyées à l’ambassade canadienne au Chili, exigeant que l’appui diplomatique envers la compagnie minière Los Andes Copper soit abdiqué et qu’une déclaration publique soit produite afin de rejeter la conduite de l’entreprise dans le projet Los Vizcachitas. La compagnie minière canadienne est impliquée dans le conflit avec les communautés de Putaendo par l’entremise de sa filiale chilienne, Vizcachitas Holding, qui réalise des opérations d’exploration sans le consentement de la population locale. L’entreprise souhaite voir son projet, présentement en phase d’exploration, se concrétiser en une grande mine à ciel ouvert de cuivre, de molybdène et d'argent.

La campagne de lettres a été promue par des organisations non gouvernementales canadiennes, suite à la demande d’organisations chiliennes de Putaendo, afin que leurs préoccupations soient entendues au Canada. La campagne a été lancée après la tenue d’un webinaire intitulé “Putaendo : Le premier territoire chilien libre de mine”, où plusieurs membres de l’organisation Putaendo Resiste ont exposé leurs luttes continues contre l’industrie minière. Le webinaire a révélé que l’entreprise commet de graves abus contre l'autodétermination des habitant.e.s de Putaendo et a causé des dommages environnementaux dans la région, déjà vulnérable en raison d’une terrible sécheresse.

“Nous allons faire tout notre possible pour éviter que cette compagnie minière s’installe sur la rivière de Putaendo, car il est très important pour nous que cette rivière se maintienne dans les meilleures conditions sanitaires et environnementales possibles. La rivière est essentielle pour la production de multiples aliments et génère donc également des emplois dans la région,” selon Sara Gómez, l’une des intervenantes du webinaire et présidente du Service d’eau potable rural de Rinconada de Guzmanes.

La lettre exposait les irrégularités constantes du projet Vizcachitas, en plus des amendes et des sanctions que la compagnie a reçues de la part des autorités chiliennes. Elle soulignait également l'importance de la région de Putaendo pour faire face aux changements climatiques, étant donné la présence de plus de 100 glaciers rocheux sur le territoire.

L’organisation Putaendo Resiste a exprimé ses inquiétudes face aux autorités chiliennes et à l’entreprise minière, qui profitent du contexte de pandémie de la COVID-19 pour avancer le projet. En avril, le gouvernement a approuvé le permis environnemental permettant une nouvelle série de forages dans le dos des citoyen.ne.s. Quand ils et elles sont sorti.e.s dans les rues pour exprimer pacifiquement leur refus, ils et elles ont été réprimé.e.s par l’armée et les forces policières spéciales.

Les sociétés minières canadiennes profitent de l'état d'urgence dans de nombreux pays pour réprimer une résistance de longue date et faire avancer des projets qui n'ont pas le consentement local. Putaendo est un cas emblématique de ce scénario où les entreprises et les gouvernements manipulent une crise sanitaire mondiale au nom de leurs profits,” a déclaré Kirsten Francescone de Mines Alerte Canada.

Les lettres qui ont été envoyées demandaient au gouvernement canadien de remplir ses obligations de respecter les principes énoncés dans le document “Voix à risque : Lignes directrices du Canada pour le soutien des défenseurs des droits de la personne”. Ce document stipule que les ambassades canadiennes peuvent refuser leur appui commercial en cas d’abus contre les droits humains.

“Par cette campagne d’écriture de lettres, nous espérons que le gouvernement du Canada entende les préoccupations - tout comme l’opposition - de la communauté et retire son appui diplomatique et économique au projet minier Vizcachitas de l’entreprise canadienne Los Andes Copper au Chili,” a déclaré Rosa Peralta , du Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL), une organisation de solidarité internationale basée à Montréal. 

Les personnes ayant envoyé des lettres n’ont reçu aucune réponse de la part du gouvernement du Canada.

“Nous espérons que les médias canadiens mènent leur propre enquête sur ce cas récent de violations des droits humains à l'étranger commises par une entreprise minière canadienne. Le projet Los Vizcachitas contrevient à la résolution 64/292 de l'ONU, qui reconnaît l'accès à l'eau et à l'assainissement comme un droit humain, essentiel à l’exercice de tous les droits humains,” a déclaré Raúl Burbano, directeur de programme de l’organisation Common Frontiers, un réseau de solidarité nationale basé au Canada.

Vous pouvez trouver une copie de la lettre complète ici.

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