Communiqué

Des groupes s'opposent au gouvernement répressif du Chili qui cherche à augmenter les investissements miniers canadiens à la PDAC

Source: 
Common Frontiers – CDHAL – MiningWatch Canada

(Toronto, Canada) Des dizaines de personnes, dont de nombreux Chiliens et Chiliennes, se sont réunies lors de l'événement le plus important du secteur minier, l'Association des prospecteurs et entrepreneurs du Canada (PDAC). Le rassemblement entend dénoncer la présence du gouvernement chilien lors de l'événement cherchant à augmenter encore plus les investissements miniers, malgré la vague dévastatrice de violence et de crise écologique au Chili, dans lesquelles les industries minières jouent un rôle important.

Depuis octobre, les Chiliens protestent contre l'extrême inégalité entre l'élite et le reste du pays, la constitution de l'époque de la dictature, l'échec des services publics et la privatisation de l'eau et des ressources, tous liés structurellement à l'économie extractive du pays. Le gouvernement chilien a déclenché une répression brutale contre les manifestants en toute impunité.

Le Canada est complice de la violence qui se déroule au Chili grâce à son soutien politique et économique au gouvernement Piñera, qui a exporté plus de 7 millions de dollars de matériel militaire au Chili au cours des dernières années. Le gouvernement canadien est resté silencieux malgré les preuves indéniables d'une répression systématique contre les Chiliens et les autochtones (Mapuche).

À ce jour, deux missions québécoises d'observation des droits humains se sont rendues au Chili, et toutes deux ont rendu compte des violations systématiques des droits humains dans le pays depuis le soulèvement social. Les enquêteurs de l'ONU ont également déclaré que la police et les forces militaires chiliennes avaient commis de graves violations des droits humains, notamment des homicides, des actes de torture et des violences sexuelles lors de manifestations anti-gouvernementales.

«La violence et la répression de la part des forces de l'ordre de l’État observées depuis le début du soulèvement social en octobre n’ont pas été différentes de celles imposées historiquement aux communautés mapuches et dans d’autres contextes de manifestations massives. Mais, maintenant, la répression s'est étendue à l'ensemble de la population et il est donc possible de parler d'un caractère généralisé des violations des droits humains», déplore Christina Ayala, du Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) qui a participé à la Mission Internationale d’observation de la société civile au Chili.

Ce n'est pas un hasard si la répression la plus brutale a lieu dans le nord du pays, chevauchant la majorité des intérêts miniers canadiens. Il y a actuellement plus de 40 sociétés minières canadiennes avec plus de 100 projets miniers et mines, contribuant activement à la crise écologique.

«Le Chili est la deuxième destination la plus importante pour l'investissement étranger direct canadien dans le secteur minier, et les entreprises canadiennes ont été critiquées pour avoir consommé des quantités irrationnelles d'eau, empiété sur les terres pastorales communales, contaminé l'air, creusé de profondes divisions dans les communautés et permis aux forces de sécurité privées armées d'utiliser des balles réelles. Nos entreprises contribuent à aggraver la crise écologique et politique au Chili en continuant de promouvoir l'investissement minier », a déclaré Kirsten Francescone de MiningWatch Canada.

Le ministre chilien était présent à la PDAC pour présenter le futur plan d’exploitation minière du pays et promouvoir l’extraction du lithium, un domaine où les sociétés minières canadiennes explorent et spéculent de manière agressive.

«Aujourd'hui, les marais salants d'Atacama se détériorent gravement à la suite de décennies d'exploitation minière de cuivre et de lithium. Nous craignons que ces nouveaux projets liés au lithium soient promus et approuvés sans les protections environnementales appropriées, comme c'est le cas pour l’entreprise canadienne Wealth Minerals, ou bien en violation des droits autochtones, comme c'est le cas pour une autre entreprise canadienne, Lithium Chile», a déclaré Ramon Morales, de l'Observatoire plurinational des marais salants andines, qui s'est rendu à Toronto cette semaine et a participé au rassemblement.

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